Joke SCHAUVLIEGE et René COLLIN, insistent sur la nécessité de trouver rapidement des solutions au niveau de l’Union européenne afin de garantir enfin un revenu décent pour nos agriculteurs.
Pour préparer cette position belge, les Ministres ont chacun mené une concertation régionale avec les associations agricoles.
Les axes de revendication portés par les deux Régions seront présentés ce jeudi en Conférence interministérielle.
Les analyses des deux Ministres convergent sur le déséquilibre entre offre et demande, déséquilibre qui rend nécessaires un signal clair de l’Union européenne et en plus, nécessite l’adoption de mesures structurelles spécifiques aussi bien pour le secteur du lait que pour le secteur du porc.
Les lignes directrices des Régions sont :
Des mesures pour soutenir les associations de producteurs de porcs et de lait au sein d’organisations de producteurs. Les organisations de producteurs peuvent jouer un rôle important dans la gestion de crise. Si elles mettent en œuvre des mesures de gestion de crise, les organisations de producteurs devront être financées par des moyens européens. Par extension, les organisations de producteurs dans les secteurs animaux devraient également recevoir des moyens pour établir des programmes opérationnels visant le renforcement de la position du producteur et pour viser un meilleur équilibre entre offre et demande.
En plus, cela peut être complété par une réduction temporaire, volontaire et compensée de l’offre au niveau Européen.
D’autre part, sur un plan général, l’agriculture n’est pas responsable de la crise. Il revient donc au budget européen de dégager les moyens supplémentaires permettant la mise en œuvre des mesures de crise.
A court terme, les Régions plaident pour des mesures financées par des moyens européens, qui pourraient être appliquées au niveau des Etats membres ou Régions :
- Des mesures pour alléger les charges fixes des producteurs :
1. encouragement aux éleveurs laitiers et de porcs à limiter partiellement le renouvellement de leur troupeau afin d’alléger les coûts fixes de l’exploitation ;
2. soutien aux herbages en encourageant les éleveurs laitiers à augmenter la part du fourrage grossier dans l’alimentation du bétail, renforçant ainsi l’autonomie fourragère des exploitations. Cette mesure permettrait en outre de rétablir un lien entre la production et le sol et de valoriser la production à partir de l’herbe ;
3. renforcement de la solidarité en faveur des jeunes agriculteurs via la possibilité d’instaurer dans l’enveloppe des aides directes de nouveaux mécanismes de soutien en faveur des jeunes producteurs de lait ou de porcs ;
4. mesures de facilitation en matière de crédits. L’obligation d’honorer les engagements bancaires liés aux investissements condamnent les éleveurs à produire à n’importe quelles conditions. Un assouplissement des échéances de crédit permettrait à l’éleveur d’adapter sa production pour limiter ses pertes ;
5. élaboration de systèmes d’assurances pour l’exportation de produits agricoles et alimentaires, à l’instar des pratiques dans d’autres secteurs actifs sur les marchés d’exportation ;
6. mesures complémentaires en faveur de l’investissement et de l’innovation dans divers secteurs.
- Des mesures pour encourager la consommation :
1. campagne de promotion des produits européens à l’échelle de l’UE pour renforcer l’information des citoyens sur la qualité des produits européens et leur origine ;
2. extension et un renforcement des outils disponibles de distributions gratuites au niveau des banques alimentaires et organisations caritatives.
A moyen et long terme, les deux Ministres soulignent que les mesures suivantes devraient être mises en œuvre :
1. amélioration du monitoring des marchés par le renforcement de la proactivité et de l’efficacité de l’observatoire européen des prix et son élargissement aux secteurs du porc et de la viande bovine. Extension de son activité aux coûts de production et aux marges de rentabilité ;
2. mise en œuvre de mécanismes de répartition plus équitable de la valeur ajoutée au sein de la chaîne ;
3. examen par la Commission européenne d’un outil de stabilisation des revenus.
La première priorité pour la Belgique est de continuer à se battre pour un prix rémunérateur des productions.
Dans le contexte actuel de surproduction de lait et de porc, il faut convaincre toujours plus d’Etats membres de l’urgence d’adopter des solutions structurelles dont la mise en place, à l’échelon européen, d’un nouveau mécanisme pour éviter les déséquilibres de marché.
C’est l’objectif que la Belgique se fixe pour le 14 mars.