Cela implique 2 choses :
- D’une part le fait que si on récolte « matin, midi et soir », les t° de différents lots de pommes de terre rentrés sont assez différentes, et qu’il est impératif d’homogénéiser les différentes parties de tas pour éviter des problèmes de condensation dans le tas. Il faut donc pratiquer la ventilation portes entrouvertes (20 à 30% ouvert par exemple) et volets d’entrées d’air fermés ! Cela va homogénéiser le tas aux t° supérieures sans refroidir l’ensemble, surtout si on utilise un (ou plusieurs) canon(s) à chaleur avec un thermostat 2 à 3°C supérieur aux t° les plus froides du tas. Ce qui va permettre des cicatrisations plus rapides.
- Les t° froides nocturnes sont bénéfiques au séchage (ce qui est très bon), malheureusement, elles sont aussi propices au refroidissement (ce qui est trop tôt dans la saison). Je m’explique : dépendant des lots qui sont rentrés, qui sont en train d’être mis en stockage et qui vont encore être engrangés, certains nécessitent un séchage léger (pommes de terres très propres en général, peu de terre adhérente, pas de boue), d’autres vont nécessiter des jours voire des semaines de séchage intensif à cause de la présence de pourcentages importants de vitreuses et sacs d’eau, mais aussi de pourritures humides qui pourraient se développer suite aux coups et/ou aux contaminations favorisées par les sacs d’eau qui « éclatent et mouillent ». Et, quand il faut ventiler et sécher des semaines durant, on a intérêt à avoir des pommes de terre à t° relativement élevées (12° par exemple) et certainement pas à des t° à 7°C. Il faut donc, si vous savez que vous allez devoir sécher des jours ou des semaines durant, travailler avec un / des canon(s) à chaleur : on réchauffe l’air froid (qui est toujours séchant !), on sèche le tas, mais on ne le refroidit pas encore !
Dans les semaines qui viennent, on pourrait avoir des t° relativement fraiches / froides (ce qui avec l’aide d’un canon à chaleur serait parfait pour sécher), mais on pourrait aussi connaître des t° nocturnes trop douces (ce qu’on a connu de très nombreuses fois ces dernières années entre septembre et décembre) … Et là, avec t° externes trop « chaudes » et t° des tubercules déjà refroidis (grâce aux t° nocturnes actuelles « assez froides ») il devient très difficile de sécher.