Courant mai, il dépassait les 91 roubles du kilo (environ 1 euro). Cette envolée est à mettre au crédit d’une diminution de la récolte de 11,9 % durant la campagne 2024. 17,83 millions de tonnes auraient été arrachées en 2024 contre 20,24 millions de tonnes en 2023. Les producteurs russes qui se seraient tournés vers des productions plus rémunératrices auraient diminué leurs surfaces après avoir connu des prix défavorables durant la saison précédente. Ils auraient également enduré de difficiles conditions météorologiques dans la région de Briansk, l’une des plus importantes du pays en production de pomme de terre.
Selon le Centre contre la désinformation, contrôlé par les autorités ukrainiennes et cité par le média Potatoes News, les producteurs russes ont eu à faire face à des augmentations de coûts de carburant, main-d’œuvre et stockage. Ils auraient aussi été gênés pour s’approvisionner en semences, engrais et équipements agricoles en raison des sanctions occidentales.
Pour approvisionner ses commerces, la Russie s’est tournée vers l’importation. Alexei Krasilnikov, directeur de l’Union russe de la pomme de terre cité par le journal Kommersant avance un chiffre de 600.000 t au mois de juin. Elles proviendraient en premier lieu d’Égypte, puis de la Chine livrant les régions d’Extrême-Orient et de Sibérie et enfin de diverses origines telles que le Pakistan, l’Azerbaïdjan, Israël ou l’Iran. Ironie de l’histoire, la Mongolie, traditionnellement grande consommatrice de pommes de terre russes en aurait même exporté vers son grand voisin. La Biélorussie, habituellement exportatrice vers la Russie étant pour sa part également confrontée à une pénurie, a préféré cesser ses expéditions.