Parasite, incapable de se reproduire seul, le virus de la grippe humaine ou aviaire doit p�n�trer dans une cellule pour d�tourner la machine cellulaire � son profit et fabriquer de nouveaux virus qui propagent l'infection. Pour p�n�trer dans une cellule, le virus a besoin de se lier � des mol�cules jouant le r�le de porte d'entr�e ou r�cepteur. Tout d�pend alors si le virus a la bonne cl� pour un type de r�cepteur donn�, c'est-�-dire la configuration adapt�e pour que cette liaison chimique puisse se faire.
Les virus de la grippe humaine sont capables d'infecter les cellules des muqueuses du nez, du pharynx, de la trach�e et des bronches, qui ont en majorit� des r�cepteurs adapt�s aux virus grippaux humains. Toux, �ternuements expulsent les virus qui se sont multipli�s dans cette partie des voies respiratoires. Le virus H5N1 de l'actuelle �pizootie de grippe aviaire, qui a entra�n� une centaine de d�c�s humains, doit pour sa part descendre plus bas pour trouver suffisamment de r�cepteurs adapt�s. "Rares dans la partie sup�rieure des voies respiratoires", ils sont essentiellement situ�s dans les alv�oles pulmonaires, de petits sacs, situ�s au bout des bronchioles, o� s'effectuent les �changes gazeux entre sang et poumon, selon les travaux publi�s dans Nature.
Dans les rares cas o� ils sont transmis de l'oiseau � l'homme, les virus H5N1 "peuvent se r�pliquer (multiplier) efficacement uniquement dans des cellules situ�es dans la partie basse du tractus respiratoire, o� le r�cepteur du virus aviaire pr�vaut", expliquent Yoshiro Kawaoka (universit� du Wisconsin � Madison, Etats-Unis) et des chercheurs des universit�s de Tokyo et Tottori au Japon. Mais il est difficile de les propager, ce qui expliquerait, selon eux, l'inefficacit� de la transmission entre humains des virus H5N1 actuels. Si ce virus acquerrait la capacit� de se fixer aux r�cepteurs adapt�s aux virus grippaux humains, "cela lui permettrait de se r�pliquer dans la partie sup�rieure du tractus respiratoire, o� il pourrait �tre facilement propag� par l'�ternuement et la toux", ajoutent-ils.
Des mutations g�n�tiques de l'h�magglutinine, voire �galement d'autres prot�ines virales, seraient n�cessaires "pour conf�rer un potentiel pand�mique aux virus aviaires", pr�cisent-ils. Mais "personne ne sait si le virus va �voluer vers une souche pand�mique", selon le Pr Kawaoka. "L'identification de virus H5N1 capables de reconna�tre des r�cepteurs humains nous rapprocherait d'un pas vers une souche pand�mique", ajoute-t-il dans un communiqu�, rappelant que les virus grippaux se modifient constamment.
Leur nom scientifique pr�cise le lieu et l'ann�e de leur d�couverte. Un virus H5N1 isol� en 2003 chez un patient de Hong Kong (A/Hong Kong/213/03 [H5N1]) s'est av�r� capable de se fixer sur les deux types de r�cepteurs (humains et aviaires) et d'infecter � la fois les cellules alv�olaires et celles des bronches chez l'homme, selon l'�tude. Des tissus pulmonaires humains ont �t� expos�s en laboratoires � six types de virus diff�rents: trois isol�s chez l'homme (le H5N1 de Hong Kong, H1N1 et H3N2) et trois souches provenant de canards (H5N1 isol� en 2005 au Vietnam, H3N2 en 2001 en Mongolie et H4N6 en R�publique tch�que.