Le concept international « Slow Food » repose sur l’argumentation « Bon, propre et juste ». Il revendique le droit à la souveraineté alimentaire sous-tendant le principe de produire et consommer localement.
Cette étude fait ressortir la contradiction observée aujourd’hui en Région Wallonne, entre les discours des pouvoirs publics mettant effectivement en exergue l’intérêt du développement des productions locales, les nouveaux débouchés de l’activité agricole (touristiques, gastronomiques, pédagogiques), le rôle joué par ces productions sur la préservation de l’environnement et du patrimoine, la nécessité pour les consommateurs d’acheter sur les marchés locaux ou directement à la ferme, et les achats des ménages se concentrant majoritairement en grandes et moyennes surfaces.
Plus particulièrement, un point a trait au soutien des productions de qualité différenciée par nos politiques. Le constat dressé n’est guère positif : « Produits de qualité différenciée : un fiasco politique ». Par cette analyse, Laurence Lambert constate que pas moins de cinq ans après la création de la marque EQWALIS, celle-ci a été abandonnée, sans aucune évaluation. Elle note cependant qu’avant sa création, de nombreuses voix s’étaient déjà élevées, tant du côté des organisations agricoles et des secteurs agroalimentaires que du côté des associations de consommateurs, pour remettre en cause la pertinence de ce projet de marque collective communautaire identifiant des produits de qualité différenciée wallons.
En guise d’illustration, elle prend l’exemple de la filière porcine ayant reconnu divers cahiers des charges aux termes de la qualité différenciée. Elle y remarque ainsi deux difficultés majeures affaiblissant la démarche de qualité différenciée :
- L’identification de la qualité différenciée concerne principalement les techniques de production et non pas le goût,
- L’incitation est uniquement basée sur l’accès aux aides à l’agriculture, sans aucun volet promotionnel en parallèle. Cela a comme effet pervers de placer les productions dans une optique opportuniste d’accès à des aides non négligeables et non pas dans une optique d’offre qualitative.
Elle plaide dès lors pour que les pouvoirs publics procèdent à une évaluation des volets « politique produits de qualité » et « promotion de l’agriculture ». Notamment pour les filières porcine et avicole, elle rappelle les objectifs prioritaires qui avaient été définis dans la politique « qualité des produits », à savoir :
- Contribuer à la diversification agricole,
- Mettre sur le marché des produits wallons d’origine agricole de qualité supérieure,
- Promouvoir l’agriculture wallonne et ses produits auprès des consommateurs en vue de les orienter davantage vers des productions locales ou régionales.
L’étude complète est disponible à l’adresse : http://www.etopia.be/spip.php?article761 .