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 12 mars 2010 12:47 

Table ronde: L’Avenir de l’agriculture bio en Wallonie. Quelles visions pour demain?


C'est devant un parterre d'agriculteurs particulièrement attentifs ainsi que des représentants du Ministère de l'Agriculture (DGA) que s'est déroulée cette première Table-Ronde organisée à l'occasion de notre AG du jeudi 25 février à Ciney. Le monde politique a répondu présent et dans l'ordre alphabétique des partis -afin de ne vexer personne – nous avons accueilli: Dimitri Fourny pour le Cdh, Patrick Dupriez pour Ecolo, Willy Borsus pour le MR et Marc Tarabella pour le PS. Ils se sont présentés à l'heure, - Patrick Dupriez a même partagé notre repas et Marc Tarabella a pris un café en fin de repas- et ont respecté leur temps de parole. Mieux, ils ont écouté et animé les trois ateliers sans monopoliser à aucun moment le débat.

 

A l'heure où le monde politique est décrié et voué aux gémonies, lorsque nous rencontrons des personnes de qualité, respectueuses et qui connaissent leur matière, il est bon de le souligner. Merci Messieurs.

 

Pour assurer la bonne marche des opérations, nous avions demandé à Vincent Godfroid, ex-présentatuer du JT de la RTBF d'être le Monsieur Loyal et à Gustave Wuidart, d'introduire le thème du jour. Quand aux conclusions, elles furent présentées et rédigées par Joseph Famerée de la DGA. C'est cette présentation que nous vous livrons dans les lignes qui suivent.

Contribution, résumé, et perspectives par J. FAMEREE, DGARNE.

Quel modèle de production agricole pour quel type de société : valeurs sociétales-qualité de la vie, emploi, relations humaines, solidarité- finalités des productions agricoles. Qui décidera du bio demain ?

Au terme de notre table ronde de ce 25 février 2010, la question cruciale reste toujours celle du : «  sens social et de la finalité « utile » des productions agricoles ». A quoi sert la production agricole ?

Avant la production proprement dite, l’approche transversale et globale de la réflexion des précurseurs de la bio suggère qu’il s’agit bien d’un état d’esprit qui englobe tous les aspects de la production et donc outre le contrat avec le consommateur, l’Agriculture bio propose  un véritable contrat social, un modèle de société. (édito. Sep. 09)

La proposition va même plus loin en affirmant que : « le bio belge en circuits courts, c’est de la plus value et du commerce équitable ».(édito 57 Fév. 10).

Selon Patrick le Hayraic, (Député européen français) «  la production agricole devrait être considérée comme un service d’intérêt public général ».

Selon Dacian Ciolos, nouveau président de la Commission agricole du Parlement européen (proche des milieux de la bio en France –Bretagne et Aveyron) lors de son audition, relève les points suivants :

-                      la nécessité de la stabilité et de la prévisibilité.

-                      des produits de qualité pour les consommateurs

-                      le contribuable européen veut savoir ce que l’on fait de son argent.

-                      qu’autour de la table manque l’acteur principal « L’Agro-alimentaire spéculatif »

-                      développer à la fois les circuits courts et favoriser l’accès aux marchés mondiaux.

Est-ce compatible ou faut-il choisir son camp s’interrogent un groupe d’élèves de lycées agricoles dans le numéro spécial n° 3323 « La France Agricole- la question de la semaine : L’Avenir du métier et sa place dans la société ». ?

Pour ce qui est du ressort de l’UNAB, à travers diverses actions, nous pouvons résumer que : « le bio belge en circuits courts, apporte de la plus-value, que c’est du commerce équitable qui intègre le respect de l’environnement, qu’il apporte de la qualité différenciée, qu’il a un effet positif sur la santé tout en créant du lien social » (édito. 57 ).

La question qui se pose est de savoir dans quelle mesure les qualités précitées tantôt objectives ou plus ou moins subjectives sont – elles reconnues économiquement de façon explicite par les consommateurs et les pouvoirs publics ?Quels instruments de mesure appropriés, quels indicateurs spécifiques faut-il pour signifier la qualité intrinsèque des produits, la durabilité réelle des pratiques (services environnementaux) et les aspects éthiques et sociaux. ?

Qui décidera du bio demain, mais déjà aujourd’hui ?

Quels sont les acteurs en présence ?

Si d’un côté on trouve des producteurs wallons qui adhèrent au projet de société précité, les opérateurs sur le marché mondial de la bio n’iront pas aussi loin et s’en tiendront au cahier des charges européen et éventuellement aux prescriptions nationales particulières lorsqu’elles sont possibles.

De l’autre côté du comptoir se trouve un agent double : le consommateur-citoyen.

Ne dit-on pas que le consommateur est roi lors de l’achat, qu’en est-il du citoyen représenté par le processus supposé démocratique à travers les réglementations ?

La distribution prétend répondre à la demande des consommateurs, mais répond-t-elle aux besoins réels du citoyen en termes de santé publique ?

La logique du marché ne semble pas être la logique de la santé publique à un moment donné. (‘cf. J.E. (R)évolutions dans les assiettes. Gembloux.,2010).

Le citoyen prescrit-t-il le processus de la production alimentaire dont il choisira les produits comme consommateur ? (Vigilant, l’hyper-consommateur tend à devenir le co-producteur de ce qu’il consomme. (LIPOVETSKY G., 2008)

Laissera-t-il le champ libre aux filières agro-industrielles intégrées verticalement, à la grande distribution et au lobbying européen pour ce qui est du cadre réglementaire, le soin de définir une forme de pensée unique du modèle alimentaire mondial ?

Le manque de pertinence et de cohérence globale entrée l’idée citoyenne et l’acte de consommation constitue le maillon faible dans un monde ou le marketing agressif est omniprésent. Déjà actuellement, les études en neurosciences permettent actuellement de connaître la décision du sujet avant que lui-même n’en aie conscience. (photographie du cerveau en train de faire des choix)

Dans la bio en circuit court, il n’en va pas de même, heureusement dans le contrat singulier entre le producteur bio et son client direct, on trouvera l’alignement des valeurs citoyennes sur celles du consommateur devenu consom-acteur, ce contrat pouvant dès lors évoluer et dans ce cas le producteur reste plus maître de sa production. (édito. 55)

Dans quelle mesure les pouvoirs publics peuvent-ils, tout en respectant la liberté individuelle, par l’encadrement réglementaire aligner les contraintes correspondant aux besoins réels des citoyens. (cas du pain au séléniun en Finlande, réduction du sel dans le pain, des sucres dans la charcuterie)

Au départ, l’agriculture bio s’engage vis à vis du consommateur qui paie «  un juste prix » pour un produit dont le mode de production est validé et certifié.

Les acteurs qui ont permis le développement de la bio n’ont plus grand chose à dire concernant le cahier des charges sauf en Wallonie ou les agents de la Région Wallonne répercutent exactement les positions déterminées lors des concertations. (P.L. et J-C R édito 55-sep.09)

Cet alignement est un élément déterminant  permettant d’augurer favorablement de la réussite du projet : la Wallonie, laboratoire du bio, objet du second atelier., à condition que les moyens en Recherche & Développement soient mobilisés afin d’affiner les itinéraires techniques devant garantir une bonne productivité en conditions climatiques variables, l’obtention de produits plus homogènes, le conditionnement et la facilité d’emploi.

Des moyens considérables devraient mobilisés pour la promotion de l’éducation citoyenne au comportement alimentaire.

Joseph FAMEREE

 



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